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Sprays et graffiti – Interview du gérant de Chez Cap d’origine

Les graffeurs des terres minées.

Sprays et graffiti – Interview du gérant de Chez Cap d’origine

Sprays chez cap d'origine

Quand on doit acheter des sprays et qu’on est à Lille, le réflexe c’est All City. Mais depuis peu la tête a changé, d’où ces quelques questions à celui qui n’est autre que le bloggueur Cap d’origine.

Je vais chez All City et là je vois que ce n’est plus All City ! Quel est tout ce remue ménage ?

Eh non! C’est Chez Cap d’Origine! 

J’avais depuis longtemps le projet d’ouvrir un magasin, moi qui suis passionné par ces beaux outils que sont les bombes de peinture et les marqueurs permanents. En 2006-2007 j’étais à une signature d’ouvrir un tout petit bomb-shop indépendant, mais heureusement pour moi ça ne s’est pas fait. Je n’aurais pas tenu face à la puissance commerciale des marques graffiti et surtout face aux habitudes des consommateurs. 

Et en 2016, l’envie se faisait de plus en plus forte de me réorienter et de voir plus loin que demain. J’étais toujours aussi passionné, et surtout le magasin de Lille, All City, était en bout de course. Il faut être très motivé pour tenir un magasin. All City comptait se repositionner sur la distribution et la vpc, et c’est donc tout naturellement que la transition s’est opérée. 

J’ai procédé à une refonte physique quasi-totale du magasin, plus claire, plus commerciale, avec présentation régulière de vitrine, stocks complets et constants, horaires respectés, etc. Un magasin en somme! Et plus un bomb-shop uniquement destiné aux graffeurs qui ont le temps d’attendre trois heures devant la porte ou de se contenter des rossignols (nom donné aux produits invendus dans les drogueries, jargon de digger lol). 

Le seul petit problème, qui est un avantage aussi, c’est que le magasin est connu. Depuis 2001 il a changé 4 fois de nom, mais ça 50% des gens ne le calcule pas. Ils savent que c’est le magasin où on trouve « les bombes pas cher ». L’emplacement est un luxe, une garantie. Le nom, le vendeur, la déco, l’enseigne, le positionnement, ils n’y font pas trop attention. Alors c’est cool parce que ça assure une clientèle, mais c’est plus dur pour travailler l’image. 

Donc aujourd’hui après Coma Sound Kartel, Five Boroughs, All City, bienvenue chez Cap d’Origine!

Sprays chez cap d'origine

Est-ce que tu comptes proposer des rossignols justement? Ça devient introuvable nan? Genre la dernière palette que j ai chopée c’était avec toi, les sprayset.

Je suis justement en train d’en chercher activement! C’est encore trouvable, mais il faut se mettre dans le circuit, car il n’y a que deux marques qui les proposent: Kwasny et Motip-Dupli. Donc en gros soit t’achètes la gamme complète Molotow ou Gold, bombes et marqueurs, et éventuellement tu peux accéder aux Sonder-Posten, soit tu grattes quelques lots ici et là, chez Sparvar ou à des particuliers. Après le gros souci avec ça c’est qu’en France la clientèle n’a pas été éduquée à la peinture carrosserie, donc 2euros ou 2euros50 la Multona ou la Dupli-Color pour eux c’est trop cher. Et puis ils vont mettre un banana dessus…Chez Yard5 à Berlin il dépote je ne sais combien de palettes de SP par an. J’ai bien un plan pour 27 000 Motip mais bon..! 

Sur les multona et compagnie? Genre maintenant il ne reste que les miettes?

Dur à dire…les dernières palettes que j’ai vues sont des palettes de surproduction, pas de retours ni d’invendus. Les capuchons ne trompent pas!

Tu t’apprêtes à être un point névralgique du graffiti. Côtoyer tous les graffeurs ou presque, même si ce n’est pas ta clientèle principale, tu t’attends à quel impact sur ta santé mentale? Quelle va être ta stratégie vis à vis du squattage? Des éventuelles embrouilles ou clients qui se font dépouiller 30 mètres plus loin ? 

Comme je connais très bien le fonctionnement d’un bomb-shop, et le fonctionnement mental des gens qui les fréquentent, ou les squattent, j’ai adopté une stratégie qui fonctionnent pour l’instant. A savoir gentillesse de prime abord, et crescendo suivant l’attitude de la personne que j’ai en face de moi. Fort heureusement le milieu a évolué, et les éléments les plus « problématiques » ont vieilli et sont plus « abordables » qu’avant. Je ne demande jamais les blazes, et je ne fais rien pour les savoir. Ceux que je connais je les connais, et en général leurs détenteurs sont réglos avec moi. Il faut aussi dire que ma compagne est souvent présente, et couplé au nouvel aménagement du magasin et à l’énergie et la gentillesse que je montre cela donne une atmosphère moins ghetto qu’auparavant. Il faut aussi dire que la compét’ n’existe plus, et hormis quelques relents de vieilles histoires et des embrouilles sporadiques l’ambiance est plus cool qu’avant dans le graffiti nordiste. Bon t’ajoutes à ça que j’ai 37 ans et que je suis plutôt bien bâti et t’obtiens un respect mutuel. J’essaie d’être tout le temps cool, graffeurs ou non, même si 8H par jour forcément des fois ça monte dans les tours si tu me dis que je ne sais pas faire mon métier ou que je n’y connais rien en sprays. J’offre souvent des trucs, sprays vintage, goodies, je fais découvrir des sites, des livres, j’aime échanger. Donc pour l’instant tout se passe bien. 

Quand tu m’as annoncé que tu reprenais les commandes de la bombe de peinture rue de l’hôpital militaire, ça m’a paru naturel. Comme logique. Tout est rentré dans l’ordre limite. Qu’est ce que tu peux apporter de plus qu’un shop classique?

J’aimerais apporter de la curiosité! Alors ça peut paraître paradoxal puisque je vends une des marques leaders, mais même au sein de celle-ci beaucoup de couleurs ou spécialités sont méconnues. Et j’ai remarqué que les gens ont vraiment leurs habitudes, desquelles ils ne sortent ja-mais. Contours noir, contours noir, contours noir. Banana, banana, banana. 

J’essaie aussi de proposer petit-à-petit des livres, parce que je pense que c’est vraiment ça qui sauvera le Graffiti: l’écrit. Mais c’est très dur, c’est des petits chiffres. Même si ça n’est pas du tout ce qui me préoccupe. Là par exemple j’ai vendu en un peu moins d’un mois 3 livres de COMER, 4 de TAYLOR, 1 Descente Interdite, et 10 du dernier livre de RAP. RAP par exemple ça part en 2-3 jours grâce à Instagram. Sa comm, et la mienne. Les gens savent que c’est original, inédit, et qualitatif. Je peux en refaire partir 10 avec un nouveau post Insta. Insta c’est une clientèle particulière, c’est des gens qui me suivent, curieux. J’essaie de redénicher des Cap Nord, des Spraycan Art, mais aussi de proposer des publications locales, et d’inciter les gens à en faire. 

En ce moment on parle beaucoup de graffiti. On débat sur ‘C’est quoi le graffiti?’. Pourquoi les avis divergent tant sur une question si simple?

Parce que beaucoup de gens en ont fait un peu à une époque, ont continué à faire un graff par an ou ont complètement arrêté, puis quand est arrivé le Street-Art, les livres de BANKSY chez Auchan et les articles sur C215, Mr.CHAT dans Le Figaro bah papy et tonton en ont parlé à table à Noël, et puis beau-papa a dit « plutôt qu’de rester au rsa et d’rendre ma fille triste tu pourrais vivre de ton Art non? ». Du coup les gars se sont emballé et voilà comment on en arrive au débat qu’on a sur ton mur FB ces jours-ci. A savoir que les mecs croient faire du Graffiti alors qu’ils font des décos de snacks ou des toiles de paysages lunaires. Ils pensent avoir un vécu, une légitimité, souvent ils ne l’ont pas, mais c’est même pas ça le problème, c’est juste qu’ils oublient l’essence du Graffiti, ce qui le définit, à savoir un geste d’auto-proclamation dans l’espace publique. Ils n’ont rien d’autre, ils se sont monté leur petite mythologie personnelle, et ils ont peur qu’on les contredise, même s’ils n’ont jamais réfléchi vraiment à ce qu’ils faisaient. C’est un des trucs bizarres du Graffiti c’est que t’en fais une fois et toute ta vie tu t’en revendiques. Mais il faut savoir se remettre en question, en danger, chose que peu de gens font. Et c’est valable pour tout l’monde. Tiens toi qui aime bien parler de BANDO: j’ai le plus grand respect pour ce gars, ce qu’il a fait, tu me mets un BANDO de 1988 sous les yeux je le regarde 2h, mais ce qu’il a fait après 1990, à savoir rien, ça m’agace au plus haut point. Là sur Insta il a posté une photo sur laquelle tu peux lire avec une pseudo-écriture tag « Street-Art is for pussies » et t’as une gorge-profonde qui commente « is this canvas for sale? », alors que c’est tout pourri. Le mec avait une responsabilité en tant que pionnier de participer ensuite à la définition, la préservation et la continuité de cette pratique. A la légitimer. Mais non, il a préféré faire de la plongée. Bon bah tant mieux pour lui hein, après c’est sûrement moi qui suis en tort de me mêler de la vie des gens, mais ça aiderait si les mecs les plus talentueux comme lui, MODE2 ou d’autres sortaient des livres plutôt que de laisser les requins écrire l’Histoire. 

Je me reconnais un peu, je veux dire en dehors des décos permanentes je suis graffeur par crises. Comme dans une maladie chronique. Je pense qu’il n’y pas de honte à cela. D’ailleurs dans toutes les interviews de trainistes ça parle d’adrénaline etc. Ça fait des années que ça ne me fait ni chaud ni froid ces trucs là. D’un autre côté j ai remarqué autre chose : quel est ce sentiment, ce besoin presque de devoir poster ta prod sur Instagram à peine terminée ? Pourquoi ça nous fait ça? Peut-on lutter? Est-ce que Instagram est incompatible avec le vrai graff, celui dont on ne se vante pas trop ?

C’est juste une manière de consommer le Graffiti. Moi je suis resté très livres, très papier. Bien sûr je regarde Instagram, mais quand je vois une trop belle photo je suis dég’, et ça m’arrive souvent de laisser un comm’ « livre! ». Mais ça a toujours existé, comme les bomb-shops. Avant Insta c’était BPM, avant BPM c’était Aero, et avant Aero c’était les fanzines, qui étaient déjà bien échangés de main en main dans toute la France. Mais c’est marrant que tu emploies cette expression: « besoin de poster ». Moi je ne poste jamais rien, de un parce que je ne suis jamais content, de deux parce que ça n’est pas à moi de le faire, et de trois parce que je veux que mes trucs vivent la vraie vie, qu’on les découvre, par hasard. C’est pour ça que je prends de plus en plus de plaisir à cacher mes trucs. Au moins ça finit pas mal cadré sur un Insta pourri. Et en même temps personne ne poste rien à Lille, à part ses propres trucs, donc pas de risques de ce côté là. J’ai dû avoir 5 trucs postés sur Insta en 5 ans. 

Des commentaires à faire sur ceux qui effacent les graffs à Lille?

Actuellement ils sont 8, ils ont été rattachés à la Mairie, comment d’ailleurs ça mériterait une enquête publique! Ils sont donc plus nombreux que les taggueurs lillois lol. Sans rire ils bossent, 8 mecs 7h par jour, faut être actif pour rester visible.

Est-ce que tu vas aussi profiter de ton pignon sur rue pour brancher la mairie sur des projets? Ou alors tu estimes que ce n’est pas ton rôle ?

Je l’ai déjà plus ou moins fait avec l’exposition DI(X)VISIONS, même si c’est ‘ma casquette d’historien’ qui a pesé dans la balance, la décision étant prise bien en amont, avant que je reprenne le magasin. 

Pour ce qui est des projets municipaux c’est vraiment pas un truc qui me branche, je préfère me concentrer sur l’édition. J’ai beaucoup de projets de ce côté-là qu’il faut vraiment que je concrétise en 2018. 

Et puis sur le seuil de la Mairie il y a déjà foule..! Et ce que j’ai à leur proposer n’entre pas dans leur politique. Je préférerais travailler avec des privés. Le muralisme et les murs publics, légaux, c’est le plus gros point faible de Lille. On a des artistes, les réseaux, des murs, mais pas grand-chose se passe. Mais là on ne parle plus de Graffiti, mais de peinture. 

Les gens font leur projet pour leur pomme, alors qu’une fois que tu as travaillé avec une mairie, et qu’elle est satisfaite, c’est le moment de transformer l’essai et d’avoir des terrains, jams ou trucs pour les jeunes. Pour moi le rôle d’un « ancien  » c’est de se servir de la confiance qu’on lui porte à bon escient. Vers Lens, le bassin minier c’est d un triste. Tu vois des jeunes dans une pauvreté de dingue, tu ne peux pas te limiter à leur faire un atelier art de rue, susciter l’envie et ensuite les laisser dans leur merde. Il fait absolument prolonger chaque action. Personne ne fait ça. Le graffiti, tout du moins ce qu’il représente, peut il avoir une dimension sociale, se servir de quelque chose d’illégal à la base pour améliorer la condition de quelques personnes sur du long terme?

Je ne sais pas si le Graffiti a une vertu sociale…je ne pense pas que ça puisse aider quelqu’un à se sortir de sa condition. Enfin pas le Graffiti en centre social. 

Pour les jams pareil ça sert à rien c’est l’espace d’une journée, personne calcule vraiment les styles, même s’ils sont mortels, c’est de la consommation. C’est un peu dommage, il y a trop de Graffiti dans un sens, ça va trop vite. La scène russe explose, l’Amérique du Sud aussi, j’parle même pas des muralismes ou des expos. 

En tant « qu’ancien » je tente de transmettre, déjà en tant que nouveau je le faisais lol, mais le côté culturel, pas le côté « efficient ». Peindre c’est personnel, et comme je ne suis pas dans le côté peinture légale je n’ai pas envie de démarcher pour des murs, et devoir faire des dossiers. C’est tellement fastidieux, c’est un travail à part entière. 

Tu parles souvent de livre, on a même aujourd’hui une littérature du graff qui voit le jour. Tu ne trouves pas que c‘est un peu excluant, voire inintéressant pour le non initié ?

C’est pour ça que je milite depuis plusieurs années pour que les gens écrivent, et incluent du texte dans leurs livres. Sans textes c’est trop hermétique. Après faut pas rêver j’ai perdu tout espoir que le Graffiti au sens strict soit apprécié un jour par des personnes extérieures à la pratique. Le geste à la limite, mais le résultat plastique non. Il y aura toujours le blocage « tag ». Tant mieux en même temps, si le Graffiti comme je le conçois et l’Aime peut retourner dans l’underground, si tant est qu’il en soit jamais sorti autrement que pour ses à-côtés, on a aujourd’hui largement les moyens de se contacter, de publier, de créer, sans avoir recours aux maisons d’édition, aux galeries, et à la validation des élites.  

Est-ce que tu penses qu’un jour on arrivera à créer une spray qui te défonce pas la santé physique et mentale à long terme avec une qualité de ouf ?

Oui probablement, la technologie progresse tellement rapidement! Les bombes à base d’eau fonctionnent bien, elles couvrent, mais elles restent onéreuses. Après pour altérer la santé il faut quand même vider un sacré nombre de sprays, pendant un sacré paquet d’années. C’est la demande qui incitera les professionnels du secteur à changer, pas l’inverse. 

Vu que t’as repris le shop. J’imagine que tu seras le dernier templier de cette adresse légendaire rue de l hôpital militaire. Est-ce que tu as la pression?

Non pas trop. C’est un peu le magasin de tout l’monde lol. C’est un peu compliqué de faire comprendre à certains qu’il y a un loyer, des charges, la TVA, pas de salaire pendant des mois, pas de vacances, etc. Ça a été un bomb-shop-mjc-four-guet-apens et autres fonctions pendant 15 ans donc…les habitudes sont dures à perdre! Je suis là depuis le début, donc je connais le moindre recoin du magasin, et je suis chez moi, au sens propre. Tout le monde dit que c’est naturel que ça soit moi qui ait pris les rênes, de par mes compétences et ma passion, et aussi parce que j’étais là dans ‘les années folles’. Après effectivement je pense qu’on est plus beaucoup à avoir la foi pour tenir un magasin indépendant. 

Si ça fonctionne, tu lances ta marque ?

Non c’est impossible. Tu le vois avec les marques italiennes qui changent tous les 4/5 ans. C’est impossible de concurrencer les 3 leaders, à moins d’arriver avec une usine indépendante, des fournisseurs, et 20M€ de budget comm. Par contre tenter une petite série limitée d’ici 3/4 ans ça ça me tenterait bien. Sur 20 000/30 000sprays. 

Il a toujours été bon ton pour un graffeur de prendre les autres de ses pairs de haut. Le mépris c’est un peu un des cinq piliers du graff. Qualifier les gens de toy, dire que tel style c’est de la merde, s’indigner de choses et d’autres du graff comme si on dénonçait des scandales d’état. J’ai remarqué récemment que la nouvelle tendance, c’est de mépriser le graff lui-même. Dire que c’est de la merde, que les décos à la peinture en pot c’est mieux que le graffiti, plus intelligible, plus raffiné. A quoi c’est dû selon toi ?

L’âge! Dans une de mes réponses précédentes je te parlais de la pression de l’entourage, et sur les points que tu fais sur ta vie à certains âges clés. Et une majorité ne sachant pas aller plus loin, stagnant, croyant que « un graff propre » est l’étape ultime, indépassable, s’inventent un nouveau statut. Celui de peintre, d’artiste, en opposition à graffeur. Après c’est compréhensible aussi étant donné le traitement médiatique, qui nous a fait, nous fait et nous fera passer pour des adolescents débiles. 

Je suis beaucoup plus dur avec les mecs qui ont 10 ou 20 ans de peinture. On ne naît pas toy on le devient. Sim1 de Beauvoir. Vraiment je pense que c’est un cheminement, pas une première étape. Au début tu es nul forcément, soit tu pompes, soit t’écris comme t’écris à l’école. 

On arrive donc à des mecs qui pour « progresser », « évoluer », sont obligés de renier leurs années précédentes. Le muralisme, le sign-painting, comme étape suivante. 

Après c’est cool aussi d’explorer de nouveaux domaines, de nouveaux outils, si tu reviens au Graffiti, ça apporte de l’air frais. 

 

Pour en revenir au toy, pour moi c’est vraiment un état d’esprit, du mec qui ne respecte pas sa pratique. Qui ne se cultive pas, qui est hermétique, et qui croit posséder la science du Graffiti, délivrée par les anciens. D’ailleurs il se prend pour un ancien, et révise un peu l’Histoire, vu qu’i’a un toujours un jeune à embobiner. 

Le wild style c’est has been?

Je ne pense pas que quoi que ce soit soit has-been, mais il faut réussir à l’intégrer dans son époque. Regarde les C29 ou les NFK, ils font du RTZ/GT 20 ans après, et pourtant c’est frais, c’est kiffant à regarder, à analyser. SHEM c’est pareil c’est vu mille fois, mais ça déglingue parce que le gars kiffe. L’énergie est là, les couleurs. Bon après soyons franc, la 3D c’est plus dur lol je ne sais pas à quoi c’est dû. Après d’origine ça faisait has-been je trouve, parce que c’était souvent isolé. Dans une fresque des MAC ou des P19 de 500m2 ça passait bien, en mode avion futuriste ou camouflage. Mais c’est trop élitiste, moins fun que le Graffiti, moins abordable, et moins gai. 

A force de digger, est-ce que tu sens que tu as fait le tour ? Ou il y a encore des nouveaux lieux, des découvertes passionnantes à envisager ?

On, puisque je diggue beaucoup avec mon ami PontàMousson depuis quelques années maintenant, a des petites périodes creuses, parce que depuis 15 ans que je fais ça, je commence à avoir fait le tour de la France et de la Belgique. On est très actifs sur Internet, parce que de nombreux trucs ne sont plus trouvables que via ce moyen. Et on diggue ainsi dans tous les pays d’Europe, même si certains sont plus prolifiques que d’autres. On découvre régulièrement des nouveaux sites, et on dépense 200€ d’un coup. Mais dans la vraie vie on ne trouve vraiment plus grand-chose à se mettre sous la dent. En même temps on a déniché tellement de trésors. Régulièrement on pense avoir tout trouvé, et puis un nuancier nous fait repartir en quête d’une gamme de sprays ou d’un applicateur à cirage au design incroyable. 

Tu penses quoi du Ironlak Shop de Sydney? Ça marcherait ici ce concept?

C’est ce vers quoi on s’oriente pour les capitales, les très grandes villes. La bombe est un outil comme un autre après tout. Mais je ne suis pas persuadé que les graffeurs-graffeurs iront dans ces shops là. Un graffeur veut un peu de crasse quand même, d’approximations. Là c’est parfait pour les gens qui veulent aller à l’essentiel, et tout trouver au même endroit, sprays, feutres, toiles, à côté d’H&M et Vans. Les ateliers, rencontres, etc. c’est un réel plus, commercialement ça t’assure un CA, et au niveau de l’image c’est dynamique. J’avais halluciné il y a 2/3 mois en allant faire mon tour quotidien à Rougier & Plé un samedi, trois vigiles, et une queue gigantesque. Un youtubeur-dessinateur très connu était là, et ça débitait du livre et du matériel. Bon quand je vais faire venir RAP il y aura 20 personnes, il vendra 20 livres, moi peut-être quelques sprays, mais ça ne sera pas du plus. Je ne toucherai pas une clientèle inédite. Créer l’achat c’est très très dur. Je le fais déjà avec les vitrines, je présente des exemples de réalisations à la bombe, des thématiques, etc. ça amène un peu de monde qui se dit ‘ah bah tiens on peut repeindre des chaises’ dans la boutique, mais c’est pas ouf non plus. Je ne sais pas combien de temps je tiendrais avant de devoir lâcher face à l’adversité ou les nouvelles habitudes de consommation. Ouvrir un magasin en 2018, à l’heure d’Amazon, Deliveroo et Chrono´Drive c’est un pari de passionné qui a vécu 15 ans au RSA. 

Justement. Ça te fait quoi de savoir qu’un graffer de Lille puisse commander 300 sprays sur le net juste pour avoir une autre marque. Tout ça pour faire un atelier cellograff géant? Pourquoi si peux soutiennent le shop local à chaque fois?

Honnêtement ça ne me fait rien. Pour plusieurs raisons. Premièrement j’ai jamais cru à l’unité que certains ayatollahs on voulu imposer au sein de cette pratique. Deuxièmement je peux comprendre que certains ne m’aiment pas, humainement, notamment en conséquence de nombreuses années de 90BPM. Troisièmement tu auras toujours machin qui préfère la Molotow, ou truc qui veut lutter contre ‘le monopole All City’(en achetant à Kwasny: grand lol). Après ça va j’ai ‘récupéré’ pas mal de comptes, grâce aux horaires, au stock, et au fait que MTN propose la Water-Based, qui est le top pour peindre en intérieur, événementiel, etc. Mais les quelques-uns qui font la gueule c’est pas très impactant, ils peignent une fois par an. 

Tu sais moi je tiens un magasin et je peins avec des Marabu, des Valspar, des Car-Plan, des Covers-All 3, des Krylon, je taggue à la OTR, à la Fiebing’s, mais quand j’ai des Mega ou des 94 de la couleur que je veux j’suis bien content. J’ai été très véhément à une époque sur cette marque ou d’autres, mais c’était au final en opposition à ce que les gens en faisaient, au résultat plastique. L’outil détermine le résultat, mais dans une faible mesure. 

Quand tu gères une boutique, surtout de bombes de peinture, tu utilises ton capital patience, sympathie et sociabilité pendant ta journée. Il t’en reste un peu quand tu rentres le soir ou c’est difficile ? T’arrive à couper le dimanche ?

C’est surtout que je suis déjà bien bloqué à la base, et que là c’est pire. Je suis dans les bombes toute la journée, je rentre il y en a encore partout…Heureusement j’arrive à lire des livres sur pleins de sujets, histoire, poésie, etc. Et j’ai une compagne avec qui j’ai une relation très épanouissante, et un enfant qui arrive, donc oxygène. 

Pour ce qui est de la clientèle c’est vrai que par moments t’en viens à comprendre comment certains lâchent l’affaire. Squat, bêtise, ou même juste 100/150 clients ‘normaux’ par jour, c’est fatiguant. Après je commence à 11h, j’habite pas loin, hormis le salaire je ne suis pas à plaindre. Ça je le répète, tu l’as déjà dit, DÉCH aussi, vendre des sprays ça ne rapporte pas d’argent. Les gens croient que tu achètes la spray 0,10cts et que tu gagnes donc 3,40€ par spray. Les charges ça a pas l’air d’exister dans leur monde, la tva non plus, les impôts encore moins. Ça m’a fait rire l’itw de DÉCH parce que je faisais pareil que lui, j’allais voler les sprays que les mecs osaient pas voler, et je leur vendais. Aujourd’hui je vends des sprays achetées, parce que la clientèle a changé, et que l’opportunité s’est présentée, mais je ne compte pas faire une opa sauvage sur MTN Colors. 

Y a un nouveau délire. C est de troller le graffiti. Faire des graffitis traitant du graffiti en se foutant de la gueule des graffeurs. Des mecs comme Lush qui poussent le délire tellement loin que ce sont ses followers qui décident de son prochain graff. Bon ou nocif?

J’ai dû aller voir l’actualité de LUSH parce que ça fait bien longtemps que je n’en avais pas entendu parler. Effectivement son concept de peindre ce que les gens veulent et ses ‘à 15 000 likes je peins Post Malone qui caresse un kangourou’ c’est très 2018, très réseaux sociaux. Un peu comme BORIS. C’est des trucs que je ne calcule pas du tout, ça m’intéresse pas à 0,1%. C’est le mauvais coté d’Internet, le réactif, l’instantané. Je reste sur mes habitudes de lecture, d’Histoire, d’études. 

En parlant d’histoire. Quelque chose qui revient souvent, c’est la frustration des mecs qui n’ont jamais vu tourner leur panel. Tu penses que les toffs doivent trainer là, quelque part dans un serveur, dans le dossier personnel d’un agent? Comment les rendre publiques?

Oui elles sont dans un disque-dur dans les bureaux de la brigade spécialisée. De là à les récupérer tu peux te gratter étant donné que les dossiers sont ouverts!

Est-ce que selon toi les street-artistes sont responsables de la mercantilisation globale, ou ce sont les gens qui kiffent ça?

Je viens justement de voir passer un post FB avec un mec qui peint des Johnny, des Super Mario, etc. et je lui ai demandé « quel rapport avec le Graffiti? ». J’t’avouerais que malgré ma position de tenancier du bomb-shop j’compte pas caresser les gens dans le sens du poil, et ce genre de posts ça commence à me soûler. Les artistes profitent du côté un peu tendancieux du Graffiti, mais en y incorporant quand même ce qu’il faut de street-art dedans pour ne pas faire peur. Sauf que quand tu n’as plus ni lettres personnelles ni effets de pulvérisation et que ça ressemble à un sticker Leroy-Merlin je ne vois pas comment des gens peuvent commander ça. Les torts sont des deux côtés, il y a d’autres moyens de gagner sa vie que de travestir une pratique.

Nous, Red Bricks on a perdu un ami qui était en même temps un compagnon de route du graff. Ça va faire deux ans. Impossible de tourner la page. J’ai d’autres amis décédés,  il n’y a pas de hiérarchie dans le deuil, mais je trouve que c est particulièrement impossible dans un cas comme ça.  Tu confirmes? 

Bizarrement beaucoup de mecs sont décédés dans le Graffiti, plus que dans la vie normale j’ai l’impression.

AXE, SOAR, HALBI, EPIX, RAGE, TEKE, GOD, KOSTICK…on a connu un sacré paquet de morts violentes.

Je crois qu’on peut quand même dresser un portrait-type du graffeur, c’est une pratique qui attire majoritairement des adolescents blancs en rupture. Souvent la figure paternelle est absente. 

On est un peu tous à fleur de peau, donc effectivement quand tu perds ton partenaire c’est compliqué. Je ne vais pas parler pour les autres, mais si tu regardes ça les a profondément affecté, et la plupart de ceux qui étaient vraiment proches ont arrêté ou posent encore le nom du défunt des années après. 

Avec le temps, t’es pas un peu nostalgique de l’époque 90bpm ? Genre on disait que c’était le fond de la corbeille mais aujourd’hui c’est encore n’importe quoi puissance 1000.

Ah mais aujourd’hui c’est bien pire qu’à l’époque! Les commentaires Instagram, FB, les stories Insta ou Snap avec un mongol qui rappe devant ses potes qui peignent une pièce pourrie, c’est catastrophique.
Par contre je garde une rancœur définitive pour tous les mecs qui m’ont balancé sur le topic Lille. Des belles balances, derrière leur petit pseudo pourri. 
Je ne calcule quasiment rien de ce qui se fait en France, j’ai aucun graffeur dans mes abonnements. Par graffeur j’entends mec qui ne met en avant que sa propre personne et sur le profil duquel tu ne lis que « lourd » ou « propre ». 

Ce que je regrette vraiment c’est qu’il n’y ait jamais eu plus de blogs(pas de Skyblogs hein, des blogs, des vrais) ou de Tumblr de la part de lillois. 

Nous on bosse beaucoup avec les mairies etc. D’un côté on les a tous vu sur Facebook, le lendemain des attentats prôner la liberté d’expression. D’un autre côté on m impose quasi tout le temps des thèmes ou des visuels. On me demande d’éviter les lettrages. L’autre fois je joue le jeu, on me dit que le personnage est pas assez Européen.  Un lettrage Parse ou autre c’est donc pire qu’une caricature sur une communauté si je comprends bien?

Ah ah la conception de la liberté d’expression des gens c’est aléatoire. Ils ne comprendront jamais que c’est tout ou rien. Soit tu laisses tout dire, soit rien. C’est tellement simple comme idée je ne comprends même pas comment on peut ne pas comprendre. Enfin si je comprends, c’est l’égoïsme le problème numéro un. Chacun ne voit que par son prisme, sa culture, son confort. Je ne sais pas combien de temps tu tiendras dans la « décoration » mais moi je ne pourrais pas. Déjà dans le Graffiti je rencontre trop d’obstacles donc dans la vraie vie j’imagine pas. 

Parfois j’écoute des potes raconter des histoires d’il y a 10 ans, j’y étais et ça s’est pas du tout passé comme ça. Entre les mythos, ceux qui confondent tout et ceux qui modifient le récit à leur avantage, comment peut-on avoir des témoignages cohérents sur le graff?

Alors ça c’est l’un des points qui ont fait que DI(X)VISIONS a été et sera mon dernier hommage à mes prédécesseurs lillois. J’ai fait des rencontres, bonnes, mauvaises, et même si la magie que je ressentais avant de pratiquer et au tout début, vers 1995, est toujours un peu là quand je découvre un inédit, elle est sacrément foutue en l’air par tous les mythomanes et tarés de ce milieu malsain. J’avais écrit un poème là-dessus dans mon dernier fanzine, je le partage: 

Mythologie
manie

À la vue de leurs signatures, bien plus
Géantes que celles des chèques maternels à la caisse du supermarché,
J’imaginais mecs deux mètres, ultra-baraqués,
Véloces, avec des grosses
Doudounes noires et les dernières Nike.
Rapides, courageux
Assurément talentueux
Jordan avec une spray
Quand Wu-Tang à l’arrêt
Croisé-Laroche rencontre du Roi
Incrédule remise à plat
Deux décennies
de déceptions, renie
Subsistent photographies
Oubli de qui
Se cachait sous
Signatures brillent
Aujourd’hui
Mythologie
Supplante
Mythomanie

Avec le recul, et on en parle souvent ici au comptoir, j’aurais préféré, comme d’autres, ne jamais connaître qui se cachait derrière tel ou tel alias…

En parlant de comptoir, les sprays sont-elles en libre service?

Oh non, sinon les gens rangent au mauvais endroit, et au printemps-été il y a trop de clients pour gérer tout seul. Les mecs te sourient, te prennent 1 spray, et font les thugs alors qu’il y a 350 magasins où voler. 

Ouais c’est incroyable le nombre de mecs qui ont raconté voler chez moi… j ai jamais eu de trou dans mes stocks mais les Jean thugs sont de sortie sur les internet. Comment tu gères ta réputation d’avant et le fait d’avoir LE shop?

Je ne fais strictement rien, j’ai décidé dès mon « départ » de 90BPM de définitivement m’en foutre, les on-dits à propos de ma personne, de ce que je fais, me passent maintenant totalement par dessus la tête. Comme j’ai une attitude détachée face aux gertas, à ne pas demander les blazes, à ne pas me mêler des histoires, et que je ne fais pas partie d’un crew, je n’ai pas de soucis. 

Dans quel état t’as retrouvé le shop quand tu l’as repris?

Ah ah il y avait beaucoup « d’histoire » dedans! Depuis 2001 il y avait eu tellement de changements, phases, personnes, qu’il avait atteint un point assez haut dans le top des bomb-shops français. Assez haut dans les excès. C’est vraiment un milieu à part. C’est du business donc il y a des histoires, des embrouilles, des hauts, des bas, comme dans tous les business, mais les bomb-shops ont quand même plus de légendes que la supérette du coin ou le lavomatic. Donc en gros j’ai récupéré un magasin en mauvais état, physiquement et d’un point de vue de la notoriété. J’ai fait ce qu’il fallait pour rattraper le coup, ça commence à porter ses fruits au bout d’un an et demi, mais il faudra encore un paquet d’années pour que les gens comprennent bien que Coma Five City c’est fini, et les travers avec. Je ne me place pas au-dessus des autres tenanciers, mais j’ai la chance d’être animé par une Passion qui ne se dément pas, et un caractère un peu plus facile lol. 

D’autant plus que vendre de la peinture c’est intéressant. On en apprend chaque jour Non?

Oui, sur la destination de la peinture. On peut vraiment tout peindre, des guitares, des machines à écrire vintage, des apparts juste le temps d’une soirée, des blousons en cuir, etc. J’ai une clientèle vraiment variée. Au final les plus relous sont les graffeurs, qui sont trop underground et qui viennent à reculons au shop, choper « des bombes de merde », que « ça fait chier de payer », « mais là j’ai pas l’temps d’péta ». MDR. 

On est beaucoup dans la représentation de soi autant sur mur que devant nos pairs…

Oui, North Face dit merci à tous les graffeurs d’Europe d’ailleurs. #déguisement 

La vraie vie, le bouche-à-oreille, les réseaux sociaux et le Graffiti. Quatre façons de faire parler de soi, volontairement ou non. Souvent pour un résultat aux antipodes de la réalité. Phénomène qui a toujours existé, avec l’envoi des photo au magazines ou les skyblogs plus tard. Mais en 2018 on atteint des sommets dans le story-telling, chaque tag est filmé, partagé. 

De la vente en ligne de prévue?

Non, je ne pense pas, mon distributeur étant leader là-dessus je ne pourrais pas vraiment le concurrencer. Hormis sur l’édition, sur des très petites séries de livres que je cherche pour une clientèle précise, celle qui me suit sur Instagram. En plus comme tu le sais c’est un boulot énorme, checker les mails, mettre à jour les stocks, communiquer avec le client en cas de rupture/échange, le transporteur, etc. Je préfère faire droguerie à l’ancienne, j’hésite à acheter une blouse blanche d’ailleurs. 

Est-ce que tes clients sont encore à All City dans leur tête ? Tu te manges des réflexions?

Ah bah oui pour l’instant peu ont vraiment capté que j’étais « indépendant » et que ça avait changé de nom. C’est « rv à All City », « on est à All City », et au téléphone quand je dis « Chez Cap d’Origine bonjour » 50% du temps les gens bloquent et sont à deux doigts de raccrocher. Et puis ils croient toujours que le patron d’All City roule en Lamborghini et a son cuisinier personnel dans son hôtel particulier du 16ème arrondissement. Donc que la bombe devrait être à 2€ pas à 3,80. C’est toujours trop cher, quoiqu’il arrive. Et quand tu soldes à -20% les 2G 500ML et les Speed personne achète. 

Oui sur la fin je ne vendais plus que ce qui se vendait bien. Est ce que tu vas réduire tes gammes de produits au fur et à mesure?

La gamme MTN est bien, ni trop large, ni trop petite. Du coup comme je suis un gros maniaque, je gère très bien mes stocks, je sais exactement ce qui part, et j’ai pile la réserve, sauf quand un carrossier me prend 25 sprays d’une même couleur. Je suis en flux tendu, et en cas de rupture les gens peuvent découvrir la couleur à côté. Mais c’est rare, j’ai un distributeur efficace donc j’arrive à bien maîtriser mes stocks. Pour les marqueurs et encres pareil, je ne peux pas acheter toutes les marques, OTR, Flux, Edding, Pentel, etc. La gamme Grog est très bien, ils font du marketing, ils améliorent les recettes fréquemment. Le seul truc que je ne vends JAMAIS c’est les sketch-books et les graphic-markers. Lille n’a pas une culture du sketching. Moi le premier !

Quelles sont tes horaires ? Pourquoi ce choix?

Ce sont les horaires classiques du centre-ville de Lille, je pourrais pousser jusqu’à 19h30 pour les gens qui finissent à 19h justement, mais ils trouvent un autre créneau pour venir, surtout que je ne ferme pas le midi. Quand je vois les horaires parisiens de pakistanais que font certains bomb-shops…

Tu exposes parfois des photos ou autre. Comment tu fais pour recaler les 10 000 gratteurs sans perdre les clients qu’ils sont? J avais les mêmes soucis avec les jam/battle/interview.

Alors j’en parlais tout-à-l’heure à un étudiant de l’ESJ, j’ai décidé de ne pas instaurer d’espace-expo. C’est impossible dans une ville comme Lille de proposer une expo chaque mois, qualitative. C’est dur de dire non aux gens, j’essaie d’etre constructif, d’expliquer à la personne pourquoi je considère que son ‘travail’ n’est pas abouti, ou qu’il n’a pas assez de matière. J’ai des graffeurs, des pochoiristes, des collageurs, des sculpteurs/art-toys, mais aucun photographe. Mais aucun n’a encore réussi à me charmer. 

Note de Parse : Nous aurions pu continuer l’interview jusque l’infini, mais il y a trop de sujets à aborder. Le plus simple, si vous avez des questions, c’est de vous rendre directement sur place et vous serez entre de bonnes mains!

 


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2 réponses

  1. Deroubaix Michaël dit :

    J’ai lu cet interview avec beaucoup d’intérêts, des échos dans la nuit, des odeurs d’encres et de peinture, des tripps, des aspérités sur les murs et de l’histoire de mon graff. Merci. MD

  2. […] peindre. On est très curieux de savoir qui se cache depuis tout ce temps derrière ce blaze, on en parlait avec cap d’origine dans son interview. Parse, n’a pas été déçu cette fois-ci, lui qui aime peindre vite a rencontré des […]

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